Journal
Des mots écrits sur le tas, pensées aux rythmes variées selon l'humeur. De la répétition, du brouillon et des fautes. La vitalité d'une pensée brute. Semis, pousses d'herbes, voués à grandir ou condamnés à mourir. Peut-être que si vous avez des insomnies c'est le meilleur endroit pour vous endormir.
21 septembre - 27 septembre 2026
Les choses vont pas tarder à changer. Je me suis trouvé un petit CMS, Publii, pas piqué des hannetons, qui occupe la place parfaite dans le compromis que je cherchais entre "minimalisme numérique" et "blogging clé-en-main". Codé ce site en dur est bien sympathique mais je vois bien que j'ai la flemme d'aller plus loin qu'un simple balisage de paragraphe. Je suis donc bien content d'avoir trouvé cette solution locale et open-source, qui concrétise, un peu plus, l'expansion de ce blog ultra-confidentiel. J'ai d'ailleurs, pour commencer à tâter le terrain, transférer mon site professionnel de Wordpress vers ce CMS, ce qui va me permettre de l'auto-hébergé désormais (mon pauvre raspberry ne pouvait pas faire tourner une nouvelle base de données). Je suis très satisfait du résultat, d'autant plus que je passe d'un site pesant 216 Mo sur Wordpress à seulement 20mb, pour le même contenu ! Ce petit billet risque donc d'être un des derniers à apparaître dans cette forme du site (mais je pense garder cette idée de journal à mon avis).
J'ai laissé de côté Morin (besoin d'une pause après le beau bébé qu'était "l'intelligence de la complexité") et j'ai commencé à lire Cory Doctorow. Un bloggeur, écrivain, militant, etc... dont je voyais passé le nom et des citations depuis quelque temps déjà, qui a été popularisé pour avoir théorisé le terme d'enshittification autour du contenu numérique et toute l'industrie capitaliste dans son ensemble. Alors ce n'est pas ce livre que j'ai entamé, mais son tout dernier : "The Reverse Centaur's Guide to Life After AI". Je ne l'ai pas fini encore mais j'ai quand même dévoré la moitié en deux jours, tellement le propos me parle. Déjà j'aime sa manière de ne pas être complètement anti-IA mais surtout de remettre le cœur du problème en avant, en nous incitant à ne pas nous laisser duper par l'euphorie, la peur ou la stupéfaction. Ce centre du problème étant que l'IA est propulsée avant tout par cette envie irrésistible des patrons et des élites de se débarasser des travailleurs. Et, dans le cas échéant, d'au moins baisser leur salaire et leur capacité de syndicalisation. Bref, un petit exercice de pensée qui consiste à remettre l'église au centre du village et qui fait bien de nous rappeler aussi que toutes ces belles générations d'images impressionantes, ces livres écrits par des machines, ces musiques, etc... Ne sont que de la poudre aux yeux pour qu'une quantité colossale d'argent soit investie dans ce qui est, vous l'aurez deviné (ou pas) une immense bulle destinée à laisser les GAFAM imposer un narratif dans lequel elles ont une croissance infinie, et ont la solution à ce problème ultime du patronat : dépenser de l'argent pour payer des gens qui travaillent pour eux (vous imaginez l'horreur ? pauvre patrons). Bref, une lecture qui fait bien vibrer ma corde rouge et qui m'a poussé par la même occasion à m'intéresser au bonhomme.
Et on quitte le terrain politique pour aller vers de plus verts patûrages. J'ai appris que Cory Doctorow fait du collage. Qu'il en fait pour illustrer ses articles et ses newsletter, et ses livres. Une petite flamme s'est allumée en apprenant ça. Car ne sachant ni dessiné, ni modelisé, mais maîtrisant des outils comme photoshop, je me suis retrouvé, fut un temps, à faire du photocollage. J'en avais même fait un pour le concours de mon école de cinéma. Et honnêtement j'adorais faire ça. J'avais quelques années plus tard découvert le photo-bashing, sorte de step up technique du collage surtout utilisé pour le concept art (et complètement tué par l'IA). Bref, tout ça pour dire que le photocollage s'est rappelé à moi. J'avais abandonné cette pratique pour plusieurs raisons. Déjà parce que j'assumais pas le fait de devoir faire ça parce que j'étais nul à faire de vraies images. Mais ensuite parce que ça n'allait pas remplir mon frigo de passer du temps là-dessus. C'est donc tout naturellement que j'avais rangé ce plaisir dans le placard des regrets. Mais tout ça, c'était à l'époque où j'avais pas confiance en moi. Et aujourd'hui, je pense pas avoir davantage confiance mais j'en ai clairement plus rien à foutre. Et donc je pense que je vais me remettre à faire ça, comme si depuis tout ce temps j'attendais une forme de validation d'un auteur que je lis depuis deux jours. Eh, mais encore une fois, faut prendre les choses au moment où elles viennent car c'est maintenant qu'elles devaient arriver. MaiS, bien sûr, j'ai toujours cette petite voix qui tente de me brider en me disant que faire un blog qui va parler de techno (entre autres) et qui va montrer des collages, ce sera un blog qui fera comme Doctorow. Et donc qu'en réalité je n'ai aucune personnalité. Alors je pense que je laisserais les gens juge de ça, mais derrière, j'ose penser que je vais apporter quelque chose de différent, d'autant plus que, de base, avant cette histoire, je pensais déjà que je n'avais pas de personnalité en me disant que mon blog allait ressembler à celui de ploum.net (j'ai même pris l'extension .net aussi). Donc je me demande à partir de combien d'inspirations diluées avec mes idées on peut considérer que je propose quelque chose d'original ? L'avenir le dira là aussi, car faudrait déjà que je commence par proposer quelque chose autre que mes états d'âmes hebdomadaires.
14 septembre - 20 septembre 2026
55 mots par minutes / 97% de précision. C'est ma routine quotidienne. Métronome de résultat lors de mes entraînements de dactylo. Sur quinze minutes de pratique, la constance est à la fois frustrante vu qu'elle ne progresse pas mais fascinante.
La semaine dernière on m'a fait remarqué que je passais trop soudainement du coq à l'âne. Alors certes c'est un peu voulu mais effectivement ça ne me coûte rien de juste sauter une ligne. Je sais que j'assume ce chaos et, notamment la semaine dernière, je bouge bien vite d'un sujet à l'autre, en parlant de concepts que je maîtrise à moitié mais qui me parlent. Aujourd'hui je n'ai pas grand chose à dire sur mes réflexions, qui ne serait pas une redite de ce que j'ai pu aborder dans ce journal (refonte de ce blog, compte Mastodon, Morin...). Donc je vais me faire l'économie de quelques kilobytes sur mon serveur.
Je joue néanmoins beaucoup à Crimson Desert et il s'est passé quelque chose que je trouve un peu révélateur. J'ai failli lâcher ce jeu au bout de vingt heures car je le trouvais trop brouillon,trop frustrant. Or, après réflexion, je me suis rendu compte que c'était moi qui le rendait ainsi. Étant donné que je n'ai plus l'habitude de faire des gros jeux en monde ouvert qui demandent un investissement de plusieurs dizaines d'heures, sur celui-là, que je m'étais promis de finir, je me suis mis à vouloir le faire super vite. Donc je voulais tout faire rapidement, à l'antipode total du gameplay qui ne donne du dynamisme que lors des combats. Le reste du gameplay est un peu à l'image de Red Dead Redemption 2, lourd, organique, très tactile. Donc mini leçon de vie qui vaut ce qu'elle vaut.
Je vais peut-être parler un peu d'IA, parce que c'est le sujet brûlant du moment. Va-t-elle nous exterminer ? Je trouve le débat un peu cocasse alors que le réchauffement climatique est bien plus documenté, bien moins spéculatif et bien moins dramatisé partout. Mais bon mes congénères humains restent des êtres animés par la pulsion du court termisme. En parlant d'humain (et en ne parlant plus du tout d'intelligence artificielle), on m'a apprit une théorie, si on peut appelé ça comme ça, au moins un postulat, comme quoi l'humain serait fondamentalement mauvais et que ce serait la société qui le rend bon. Le premier réflexe est de trouver cette affirmation bien misanthrope mais au final elle a laissé une marque profonde dans mes cogitations. Déjà ne perdons pas de vue que cette affirmation se place du point de vue de l'Homme lui-même au sein d'une société, ainsi il est juste de préciser que la notion de bien ou de mal, est issue de cette société qui prétend qu'elle apporte le bien. Mais quoiqu'il en soit je trouve que le concept fait la part belle à l'Autre en réalité. Et la part belle à l'effort. L'Autre comme source de changement, d'ajustement. Et l'effort comme mouvement d'adaptation, d'élévation. Un autre réflexe que j'ai eu lorsque j'ai entendu ça, c'était de sentir une contradiction entre mon accord avec cette affirmation et mes idéaux humanistes. Or, tout bien réfléchi, les deux ne sont absolument pas opposés, bien au contraire. Dire que l'homme est mauvais par nature n'est pas misanthrope, la conclusion étant que l'homme qui maîtrise les codes de la société, qui y vit en respect des autres, est lui-même source, moteur du bien. Je vois cette image : chaque source de lumière reste au final dans l'ombre mais est éclairée par une autre source, qui elle-même est éclairée. Je l'avais déjà souligné lors de mes lectures de Charles Pépin, mais on retourne sur cette idée que c'est l'Autre qui nous définit. Que nous devenons nous-mêmes via l'altérité. Et ce qui me plaît dans la dialogique interne à ces postulats (l'Homme en tant qu'individu est mauvais de nature (entendons qu'il soit davantage faillible aussi) mais c'est les autres Hommes en tant que société qui le rendent meilleur ; c'est l'Autre et le différent qui sont la source de notre homogénéité d'individu) c'est qu'ils sont contradictoires, complexes. Et l'on touche du doigt cette pensée complexe d'Edgar Morin qui m'anime depuis quelques mois. J'ai conscience que mon cerveau fait des liens avec ce qui le fait tourner, de manière un peu biaisée. C'est avec humilité que je balance ces poncifs qui sont à la fois rébarbatifs et confus. Mais honnêtement, je m'en fous un peu, je considère que le neuf né du chaos. Et les idées ne vont pas se trouver dans le renfermé du raisonnable. Il ne faut pas dormir en rond.
8 septembre - 13 septembre 2026
La semaine dernière j'étais un peu dans le creux de la vague concernant mon momentum, concernant ce journal. Pour autant je ne me sentais pas forcément mal. J'étais même en paix. Un esprit un peu en paix qui se fait une cure de questionnements. Pour mieux y revenir ces derniers jours. Je suis de retour dans la lecture d'Edgar Morin, de retour vers la dactylo qui me rappelle le lâcher prise. Et je retrouve un esprit plus curieux, plus vif aussi. Enfin, je pense. Il est inéluctable que ce journal va évoluer, se déplacer ailleurs, inéluctable que je revienne vers une plateforme de réseau social aussi, tout simplement car j'en ressens l'envie, le besoin, pour me sentir moins seul. Qu'importe que cette solitude réflexive se soigne par le placebo d'un réseau social. Alors par contre je ne reviens pas sur ma décision d'envoyer aux oubliettes des plateformes de GAFAM, et donc je me dirigerai davantage vers Mastodon je pense. Voilà où j'en suis dans ce flou si bien entretenu qu'il est devenu naturel, et agréable, de m'y enfoncer jour après jour, en essayant de distinguer des formes, des intuitions. Afin de construire des ponts, lancer des grappins, sauter de silo en silo, briser des frontières. Le but de tout ça est flou également mais j'ai la conviction profonde que ce mouvement permanent, cet élan de vie, plante en moi, si ce n'est de la joie, à minima du contentement. Celui d'assumer l'expérimentation la plus totale, la plus chaotique et provoquer, parfois, une sorte d'émergence. La réelle nouveauté, imprévisible, indomptable. Et bien souvent incompréhensible. Je pourrais retenir, mettre en avant, cette frustration de rien créer encore, comme j'ai pu m'en plaindre tellement de fois par le passé. Mais j'ai passé le cap de devoir rendre des comptes à qui que ce soit, à commencer par moi-même. Je reste persuadé que ce voyage n'est qu'initiatique et que je serai apte de le partager à ma manière, une fois que je serai pleinement à l'aise. Face à mes inconforts, mon manque de confiance. FAce aussi à cette résistance, cette force contraire qui rend concret la friction. Cette résistance qui m'hypnotise pour ne pas faire, ne pas dire. Qui me berce d'illusions pour ne pas me faire regarder dans la bonne direction. C'est cette même résistance qui trouve ce qu'on pense être de bonnes excuses, celle là même qui pousse à l'akrasia. Sorte de petit diablotin qui anéstésie la vitalité pour nous donner son antithèse : le confort, la dopamine. La stase. Une fausse impression d'équilibre.
Et je vais profiter de cette dernière sentence pour en parler, de l'équilibre. De ce mot valise qui en dit bien trop, et bien trop peu à la fois. Qui peut pousser à une forme d'immobilité, d'auto-contemplation de soi. Là où je suis davantage partisan du tourbillon de l'homéostasie : un mot savant, comme on les aime, mais qui permet de parler de mouvement dans l'équilibre. (est homéostasique la régulation de la température de notre corps, du taux de sucre dans le sang, etc... entre autres exemples). Garder l'équilibre dans le mouvement, pas dans l'immobilisation. C'est pour moi le plus important, encore, toujours, ce putain de mouvement. L'homéostasie, c'est ce maintien autour d'une valeur grâce à la régulation, la rétroaction, à la tension, à la lutte. Des mots qui peuvent paraître impératifs, durs ou violents mais qui pourtant portent en eux toute cette force de vitalité. Et ce voyage. Car comment trouver cette valeur nominale, cette valeur d'équilibre, sans pousser d'un côté ou de l'autre ? Sans explorer, sans toucher des limites ? (relire alors mes propos sur l'élastique d'il y a quelques semaines). Et une fois cette valeur nominale atteinte, qu'est ce qui nous dit qu'elle-même n'est pas vouée à changer ? Après tout, nous ne sommes pas un objet d'expérience en vase clos, répondant à des stimulus déterministes. Nous sommes dans l'immense infinité de Complexus, maillé aux autres et aux choses. L'équilibre n'est donc pas un but noble, comme tous ces beaux mots appelant la finitude, tel que l'amour, le bonheur ou la paix. Tout est dans le phénomène, le mouvement, l'intention d'aller vers. L'idée n'est pas de chercher l'inconstance ou de nier ces mots, bien au contraire. C'est s'imposer cette discipline, cet effort d'aller chercher non pas leur finitude, mais leur essence. Tous ces beaux mots (équilibre, paix, amour, bonheur, etc...), qu'on souhaite pour soi, entre les hommes et femmes, ne s'atteignent pas, ils se cultivent. À chaque instant. Mieux encore. Ils doivent se redécouvrir constamment. Voilà pourquoi ce concept d'homéostasie me parle autant. Et voilà pourquoi il relègue aux oubliettes cette notion bien trop vague d'équilibre, qui, en plus, d'un point politique, amène à la passivité et la relativité et, in fine, à l'immobilisme face aux dangers du fascisme et de la domination. L'homéostasie porte en elle la radicalité du changement face aux attaques de la stase et du satu quo (qui ne sont toujours qu'à l'avantage d'une minusculte minorité), ne serait-ce que grâce à sa boucle de rétroaction qui permet adaptation et résilience.
Je sens que je pars plus loin que ce que je comptais écrire et je vais peut-être laisser ces improvisations essayistes dans un coin de mon second cerveau pour les exploiter plus tard. Mais encore une fois, si ce concept de mouvement peut paraître flou et nébuleux, ces mots écrits aujourd'hui me prouve, une énième fois, que c'est le mouvement qui appelle l'émergence. Derrière il suffit de capter ce qui émerge. C'est tout l'intérêt de ce journal qui me fait écrire d'une manière bien différente que quand j'écris pour moi pour me décrasser l'âme.
31 août - 7 septembre 2026
J'écris cette entrée avec un jour de retard, mon dimanche étant surchargé. Je me justifie même si je sais que je n'ai pas besoin. L'idée m'est venu, étant donné que j'ai failli à mon rituel, de laisser faire ce journal. De ne plus m'y tenir. Peut-être parce que je n'ai pas/plus grand chose d'intéressant à dire. Pour qui ? Perso, j'aime toujours écrire pour ne rien dire. Puis je sais pertinnemment que, bien que ce site soit publique, auto-hébergé, il relève plus de l'expérience ultra-personnel, qu'un réel projet. Elles sont bien loins mes idées d'articles, mes projets de vidéo, etc... J'ai énuméré des fantasmes autant que j'en ai ommis. Bah! Je laisse ça pour la postérité. Après tout, ce simple rituel m'aide à faire le point, et surtout, m'a poussé vers une sorte de sobriété. De minimalisme de l'acte : tout en produisant beaucoup. Car cette aventure du net, mine de rien, dure depuis presque huit mois et est devenue ma principale création : mes serveurs, mes apprentissages ont en réalité occupé la place que je voulais donner à d'autres projets dans lesquels je n'osais pas me lancer.. Une part inconsciente de moi me pousse à l'action, toujours, même si de manière détourné. C'est plutôt intéressant.L'idée m'a traversé l'esprit aussi de retourner vers les réseaux sociaux pour communiquer mais plus vers Mastodon. À voir, je n'ai pas grand chose d'autres à rajouter, tout comme je n'ai pas grand chose d'autres à dire. Je continue ce que j'avais entamé la semaine dernière, ce dont j'ai parlé.
Mais je pense que le highlight de la semaine porte sur quelque chose d'assez ancien, relativement. Je me suis remis à faire des exercices de dactylo : car trop frustré de ne plus prendre de plaisir à écrire. Trop frustré de faire plein de faute en écriture dactylo. Donc je tente de (re)travailler deux aspects : une meilleure frappe, une meilleure mémorisation musculaire. Mais surtout un travail de sang froid pour ne pas me laisser démobiliser complètement par les innombrables fautes qui apparaissent sous mes yeux. Le plus dur étant le fait que je les vois apparaître instantanément vu que je regarde constamment l'écrant. Avant, en plus d'en faire un peu moins, ces dernières passaient inaperçu quand même. Donc je fais un petit travail d'humilité, je retourne sur les bancs de l'école d'écriture pour que je retrouve du plaisir à écrire, que cela redevienne une seconde nature.. Et que je cesse de voir les fautes comme la fin du monde.
24 août - 30 août 2026
Nouvelle lubie cette semaine : l'hypnose. Ou plutôt l'auto hypnose. Il me semble que je m'y étais intéressé au tout début de la vingtaine mais comme beaucoup de choses, j'ai laissé filer l'intérêt, comme si je savais qu'il allait revenir une décennie plus tard. Toujours cette histoire de bagage qui s'accumule et où chaque chose prend son sens au moment où elle doit le prendre. Et d'autant plus que cette curiosité investie est venue d'une sorte d'irruption. Je regardais tranquillement Twin Peaks et est venue une scène d'hypnose du Dr Jacoby et mon esprit a vivement réagie et j'ai instantanément commencé à faire des recherches là dessus. Comme si cette volonté n'était pas réellement la mienne... Expérience particulière mais qui entre complètement dans mon mode de vie en mouvement, en danse. Je saisis les choses qui me passent par la tête, moi qui pendant si longtemps avait appris à les rejeter, submergé que j'étais par les injonctions que tant de brouillons sous-entendait. Bref. Cela fait 4 jours que je fais un peu d'auto hypnose quotidiennement, en glanant des infos ici et là, en survolant quelques livres, sans trop savoir si c'est réellement ça que j'expérimente. Quoiqu'il en soit, l'expérience vaut le détour, je me suis quand même retrouvé à lever mon bras tout seul, sans jamais y avoir pensé. Fatigue, transe ? Qui sait. Je sais juste que ça me fait me sentir bien de faire ces petites séances et surtout j'aime le genre d'exploration que ça permet. Impression de (re)découvrir mon intériorité, que je connais quand même en long en large et en travers mais peut-être moins cette partie inconsciente, d'acceptation de soi.
Parlons de Twin Peaks un peu plus, étant donné que, en plus d'adorer cette série, elle n'a pas seulement piqué ma curiosité hebdomadaire, mais remué un peu plus le bouillon de questionnements qu'Odyssey avait fait chauffer. En regardant un travelling qui accompagnait un dialogue (pourquoi me suis-je attardé sur celui là et pas un autre ? Mystère de l'esprit), je l'ai trouvé à la fois bien dosé, doux et à propos mais aussi parfaitement dispensable. Je me suis demandé alors ce qui le justifiait. Puis mon réflexe a été de me dire : "et pourquoi pas ?". Pourquoi pas mettre en scène comme on écrirait, comme on dessinerait ? Pourquoi vouloir justifier ce mouvement ? Ce serait le début de l'auto censure. N'est ce pas justement le fait qu'elle soit dispensable qui rend les choses surprenantes ? Et la surprise n'amène-t-elle pas, si ce n'est la nouveauté, au moins la fraîcheur ? (je parle de surprise positive évidemment) Et c'est ce que m'inspire Twin Peaks en réalité: de l'instinct, du lâcher prise et une fucking bonne série, ou le grotesque rencontre le drame, où l'humour rebondit avec l'horreur. Non vraiment, je suis transporté, et je me dis que c'est peut etre ça que j'avais besoin de retrouver en partant de mon côté, loin de l'audiovisuel. Un peu de folie, un peu d'impro, du lâcher prise. Encore et toujours, inlassablement, en écrivant ces mots, je repense au fait que les choses arrivent parce qu'elles doivent arriver : pourquoi n'avais-je pas déjà vu cette série culte, moi et ma culture ciné pas dégueulasse ? Parce que ça devait arriver aujourd'hui, dans ce contexte, dans ce moment de ma vie. Si je l'avais vu plus tôt, elle n'aurait certainement pas eu la même résonnace en moi. Tout arrive pour une raison, ce n'est pas une question de destin, c'est une question de lucidité : celle que l'on est juste des éléments qui bougeont au gré du vent, et vivons de surprises en surprises (bonnes ou mauvaises cette fois-ci) et qu'on ne peut qu'accepter cet état de fait. Et remercier la vie que le lendemain ne sera jamais identique à aujourd'hui : promesse de mouvement, de danses : de vitalité. Allez c'était mon moment new age.
17 août - 23 août 2026
Les intérêts passent, se transforment, reviennent, se cachent, se révèlent... Mais ils sont toujours accrochés à mes journées. Je pourrais choisir de me considérer comme trop dispersé, et parfois je me lance ce genre de mots. Mais je me rassure plus souvent que ces dernières années vis à vis de ces doutes. Peut-être parce que j'ai une stabilité financière, émotionnielle, qui me permet de voguer dans les mers troubles de l'expérimentation. Il a suffit d'un seul plantage pour délaisser Edgar Morin et me relancer sur le territoire des réseaux Internet, ce qui m'a poussé à mettre en place un nouveau serveur. Porté par l'excitation de la réussite, du travail bien fait, j'en ai fait un nouveau cet semaine, pour mes livres. Et patatra. Je crois que je n'avais jamais passé autant de temps à faire de débuggage, vissé sur ma chaise de bureau pendant plus de 7 heures, sans manger ni pisser. Allant de frustration en déception, une simple erreur à chercher s'était transformé en problème généralisé, où tous mes serveurs ont fini par crasher. Je me suis un peut trop reposé sur des IAs, à un tel point que j'ai épuisé deux fois les plans gratuits de deux services. Puis j'ai fini par trouver, par moi-même, la petite bête, la petite ligne qui avait démarré toute cette réaction en chaîne. J'ai débuggé ça seul, au seul mérite de ma logique. Cette petite expérience m'a prouvé une fois de plus que je peux en avoir sous le coude, que, certes, les IA peuvent me faire gagner du temps, peuvent m'assister dans mes pérégrinations. Mais la source du contentement de moi-même, cette sensation de dépassement, ce goût de l'effort, cette irritation de la friction et ce soulagement de la trouvaille, du soin de l'âme, elle ne se trouve qu'en moi. La triche ne réside pas dans l'usage d'un outil qui nous fait gagner du temps mais davantage dans l'esquive de ce que je viens de citer. Comment se considérer comme créateur si on est pas allé chercher quelque chose en nous-mêmes ? Comment se considérer en apprentissage si on expérimente pas la frustration du flou, de l'erreur et des divagations ? Comment se considérer humain si on ne se laisse pas faire des choses à priori inutiles, qui nous font perdre notre temps ? Je divague encore, je souffle des mots qui recèlent davantage d'intuition que de vérité. J'éxégète sur la simple mise en place difficile d'un serveur. Mais oh, pourquoi pas ? Chacun de nos gestes, de nos mouvements d'esprits ne sont-ils pas le résultat des millions que nous avons fait depuis notre naissance ? La plus anodine des expériences ne porteraient-elle pas en elle la trace d'un souvenir plus grand ? Après tout, nous ne sommes qu'un souffle, qu'une explosion de vie éphémère issue du big bang. Tout porte donc à l'éxégèse, à l'analyse. Car tout a une raison d'être, même si elle paraît futile, sans trop de rapport. Alors je décide de voir en cette expérience l'apparition d'une ode à l'apprentissage et à l'humanité.
Je suis allé voir l'Odyssée de Christopher Nolan cette semaine. C'était la première fois que j'allais au cinéma depuis plusieurs mois. Et ce film m'a donné envie de refaire des films (est-ce alors un signe qu'un festival m'ait contacté le lendemain pour que je puisse présenter mon dernier court-métrage, qui va bientôt fêter ses 4 ans ?). Tout est parti de la musique. Ce n'était pas une révélation en tant que telle mais plutôt son mariage avec l'image qui m'a fait rêvasser hors du film pendant un moment. J'ai repensé au Bon, La Brute et Le Truand, au triel final qui a sûrement appuyé mon orientation dans le cinéma, puis à ma volonté de faire des clips, ce que je n'ai jamais fait. Car j'ai repensé à l'école de cinéma dans laquelle je suis resté 6 ans, où on nous imposait à demi-mot de ne jamais mettre de musique dans nos films, sous prétexte que c'était de la triche. Influencable que j'étais, je n'ai pas fait le choix de la dissidence, comme certain.es de mes camarades d'antan. Est ce à ce moment là que je me suis perdu ? Alors que tout ce que je rêvais dans mon esprit c'était ces mariages audio ET visuels ? Ça remonte à trop loin, et le processus est trop complexe pour que j'affirme que tout vient de là. Il y a rarement un déclic, bien plus souvent de longs déclins, de lentes progressions, d'inlassables stases. Je ne répèterai pas ce que j'ai pu régurgiter plus haut, sur l'enchaînement de nos gestes, de nos décisions, de nos choix. Mais quoiqu'il en soit, être entraîné dans ces réfléxions m'a assez marqué pour que je décide d'en parler ici-même.
10 août - 16 août 2026
Je me suis refoutu le nez dans le réseau et mon serveur. Il avait bien planté à cause d'une erreur de maintenance un peu insidieuse (des mise à jour quotidienne qui avait finit par remplir le disque système) mais, alors que j'étais gagné par le découragement, j'ai fini par être possédée d'une nouvelle force quand j'ai réussi à tout remettre à plat sans destruction. J'ai donc décidé d'ajouter un nouveau service sur mon serveur, Jellyfin, qui vient valoriser une quantité astronomique de films et de séries que j'ai accumulé au fil de la dernière décennie et un peu plus. Je dois dire que je suis fier de moi de l'avoir mis en place, et surtout avec un peu plus de facilité que d'autres installations. À croire que je commence à m'y connaitre. Mais mon autre source de joyeuseté tient également dans le fait que j'ai enfin mis en place un service que mon entourage proche pourra utiliser sans friction. C'était mon objectif avec Nextcloud, mais finalement je dois me rendre à l'évidence que je suis le seul à l'utiliser. Tout n'est qu'une question de territoire et de souveraineté. Je me suis défricher un petit espace à moi sur Internet et j'ai envie que mes proches en profite. Pas d'espionnages, pas de dark pattern, juste une petite bicoque qui paye pas de mine mais qui fait le taf. Pour mon usage plus personnel, je réfléchis maintenant à installer un serveur pour mes livres et mes bds.
Pour la petite histoire, j'ai mis en place un limiteur sur mon téléphone pour ne pouvoir aller sur mon navigateur que trente minutes. Tout ça pour m'empêcher d'aller sur Reddit. Parce que oui, j'ai quitté tous les réseaux mais je ne peux pas passer le cap avec Reddit étant donné que ça reste une mine d'information, notamment autour de la technologie. Soyez assuré que nos réponses sur tout type d'IA vient piocher sur Reddit tellement c'est devenu le forum d'assistance du monde. Maiiiiiis ça reste un putain de réseau et je peux me faire haper assez vite donc j'ai demandé à ma compagne de garder le NIP de mon limiteur pour elle pour que je ne puisse pas tricher. Je suis fasciné par la capacité qu'à mon cerveau à tenter de trouver sa dose de scroll informatif ailleurs... J'ai ressorti ma vieille tablette pour pouvoir naviguer sur navigateur sans consommer mon précieux trente minutes. On en est rendu là. Bon après ça me limite la pratique chez moi,le plus important étant que je passe moins de temps à scroller sur Reddit pendant mes pauses au travail, et que je lise plutôt. Expérience positive donc : je lis plus (Martyrs, tome 3 d'Olivier Péru) (et oui ça fait longtemps que je n'ai pas parlé de Morin).
Je suis en train de réfléchir au fait de reprendre l'écriture d'un livre. Soit du roman que j'avais commencé et presque fini (environ ses trois quarts) ou bien d'engager l'écriture d'un nouveau. Mais je sais que je ne devrais pas "y réfléchir", et juste me lancer. Procrastinateur que je suis, je préfère d'abord me mettre en place un système me permettant de ne plus réfléchir. Inspiré des oracles de jeu de rôle, ce dernier pourrait me permettre de palier à certaines pannes d'inspi qui peuvent survenir, rien qu'avec un lancé de dé. Or c'est dans ces moments de silence et de doutes que vient mon pire ennemi, mon petit censeur intérieur.
2 août - 9 août 2026
On est sur le genre de semaine où j'ai eu l'impression de ne pas faire grand chose (mis à part mon 40h de travail à l'entrepôt on s'entend). J'ai surtout réfléchi et regardé des vidéos. Mais je ne considère pas pourtant avoir perdu mon temps. J'affine quelque chose que je n'arrive pas à nommer. Les projets de vidéos, la sortie de mon roman, la création d'un jeu, la tenue de ce blog, etc... Tout ça commence à prendre un espace autour de moi, telle une constellation que je vois petit à petit se transformer en univers. Je pense de plus en plus à publier mon roman sous un pseudonyme, histoire d'aller plus loin dans la revendication, dans la démarche. Laquelle ? Celle de m'échapper des pressions que le monde exerce sur ma personne réelle. J'ai envie de m'approprier ce qu'Internet fait de mieux : la multiplicité, le maillage. Alors oui je réfléchis à un autre pseudonyme qui viendrait s'ajouter à bordéole, le pseudonyme de ce blog. Un moyen pour moi de m'exprimer de manière différente avec des masques différents. Je ne chercherais pas à compartimenter ces pseudonymes car ils veulent dire ce qu'ils annoncent : un pseudonymat, pas un anonymat. Donc j'imagine une sorte de multivers de plusieurs noms qui se répondent, se lient les uns aux autres mais où chacun aura son territoire de création. Ceux que j'ai pu citer et peut-être d'autres dans le futur. Grâce à ça, je me libèrerais d'un poids que je sais malsain, que j'essaye de combattre mais pour lequel je n'ai pas la force de lutter avec le poids de mon vrai nom : le poids de la cohérence, de la rationnalité exigée, de l'unicité et de la spécialisation que demande le monde. J'ai toujours voulu faire plusieurs choses et la plupart du temps ce qui m'avait retenu, c'était cette exigence inconsciente. Celle qui m'imposait de d'abord réussir à faire mon trou dans un domaine avant de m'essayer ailleurs. Car explorer en ce bas monde est suvent considéré comme de l'inconstance, comme un manque de fiabilité. Alors je prend le problème par la queue et lui fait avaler : je jouerais de la multiplicité dans le projet unique de créer des entités multiples. Est ce qu'inconsciemment j'adapte à ma sauce de créateur mes lectures philosophiques de Morin ? Peut-être pas car je me rappelle avoir pensé à ça il y a quelques années, peut-être que cette idée devait d'abord germer dans le limon de mes errements existentiels, et qu'elle avait besoin d'une lecture assidue comme pluie nourricière. Cela confirme un peu plus cette image multiple, là encore, de l'idée. Qui au final ressemble davantage à une gestation qu'à une illumination. D'où l'importance cruciale de la patience, de l'engagement, de la constance. Si je dois bien être fier d'une chose aujourd'hui, c'est d'avoir vraiment réussi à créer ce champ qui m'est propre et qui maintenant, de plus en plus fréquemment, me laisse apercevoir ce que j'ai pu planter ces dernières années. Certes je ne suis toujours pas au stade de l'action, de la moisson. Mais patience. Les choses avancent. Je ne dirais pas que je ne me suis pas précipité, car ce n'était pas un souhait de m'empêcher d'aller trop vite (ces dernières années en tout cas). Mais même dans les moments les plus durs, où les doutes pouvaient me paralyser, j'ai toujours continué de planter des graines. Alors bravo à moi, un peu d'autogrongatulation ne peut pas me faire de mal.
Métaphores mise à part, je dois quand même souligner rapidement que tout ça se fait grâce à mes routines sur Anytype, sorte de logiciel tout-en-un, qui permet la prise de note, la création de textes, l'archivage de documents numériques mais, surtout, l'organisation. Tout est synchronisé entre mes appareils, ce qui fait que je peux prendre des notes sur mon téléphone et trier ça plus tard sur mon ordinateur, lier des pages entre elles comme on lierait des idées. Mais je vais pas trop m'étendre là dessus parce que c'est tout un sujet (ça s'appelle même le personal knowledge management pour les curieuses et curieux). Mais voilà, merci Anytype aussi (j'avais commencé par utiliser Notion mais je l'ai remplacé il y a deux ans, car Notion est une boîte américaine qui conserve le contenu de nos espaces de travail sur le cloud, tandis qu'Anytype est open source et ce qui est synchronisé sur leur nœud est crypté. Bref, vous connaissez la musique)
Pour finir, je ne peux pas conclure cette entrée sans parler des vidéos d'éxégèse de Zeph et Ramo sur le jeu vidéo, ne serait-ce que pour rendre hommage à ces créateurs et témoigner du temps que j'ai passé sur quelques unes de leur vidéo cette semaine. Je ne les ai pas découvert à cette occasion mais cela faisait longtemps que je n'avais pas pu profiter de leur vidéo. Encore une fois le timing correspond parfaitement à mes projets personnels et créatifs. Cela a donné au concept d'éxégèse l'occasion d'un peu plus s'imprégner en moi. Car finalement, peut-être, en plus de faire pousser des choses qui viennent de soi, il est davantage important de laisser des choses pousser en son for, permettant métamorphose, mouvement et expérience. Trois mots qui résument en soit la vitalité.
