Pourquoi blogger ?

Je commence à écrire cette publication sans trop savoir où je m'en vais. Et je pense que ça symbolise aussi l'intention que j'ai pour ce site. Celle d'un mouvement improvisé plutôt que de tourner autour de mêmes sujets, de mêmes thèmes.
Il faut savoir que mes réflexions et idées sont toujours issus de mes lectures, visionnages du moment et que je dois les saisir dans l'instant si je ne veux pas qu'elle retourne dans la stase de la création : cet espèce de dimension parallèle d'où surgissent les illuminations mais qui demande un certain savoir-faire pour les attraper et les conserver.
Alors j'arrive à les attraper, les conserver; Mais je ne peux pas les garder au chaud pur "en parler plus tard", "en parler quand j'aurai le temps" car c'est la meilleure manière, pour moi, de rendre ensuite quelque chose de désincarné, qui ne touche qu'à peine l'engagement que j'ai pu avoir, ou, pire, de ne rien rendre du tout.
Voilà pourquoi je ne sais pas où je m'en vais ici. J'écris car je sais que je dois écrire une première publication.
Tout ce site est un peu la v2 de ma tentative de blog. J'avais commencé par un site statique que je codais en dur en html/css mais la flemme (soyons honnête) de mettre en page, d'organiser les choses et, malheur, de créer un flux rss m'a conduit à poster (de manière plus ou moins assidu) un simple journal où je dégueulais mes pensées de la semaine.
Maintenant j'utilise Publii, un CMS local qui, je trouve, me sert parfaitement d'entre deux entre la volonté de minimalisme et de personnalisation "rapide". Ça m'évite d'utiliser une usine à gaz comme wordpress pour un simple blog de post. Mais passons, car j'ai envie de parler de toute cette volonté d'auto-hébergement et de minimalisme numérique à un autre moment.
Je me suis dis que j'allais profiter de l'indécision caractéristique du premier pas dans un projet pour parler de cette indécision, justement. Malin non ?
Évidemment que cela part d'une volonté, bien trop forte pour être censurée, de m'auto-justifier. Car ne nous voilons pas la face et parlons de l'éléphant au milieu de la pièce : j'ai une tendance bien saboteuse à manquer de confiance en moi et à me sentir légitime.
Alors comment
(remarque : je peux marquer en gras (ou en rouge) des idéees d'articles que je pourrais écrire plus tard ! Annoncer un peu la couleur, sans mauvais jeu de mot, de ce qui a popper dans mon esprit)
Alors comment créer quelque chose quand je me retrouve entre l'enclume de la peur et le marteau de la volonté viscérale de parler, de transmettre, de partager ?
Et bien, pour l'instant, comme tout acte douloureux, effrayants mais nécessaire, on serre les dents, on se lance et advienne que pourra. D'où l'aspect décousu, rebutant qui peut en résulter, mais qui, de tout de façon, correspond à ma façon de percevoir et restituer les choses : comme le courant inévitable d'un fleuve qu'il suffit de suivre.
Je vois également dans ce blog une manière de résister. Résister à l'accaparement de notre attention, de notre confiance à faire quelque chose dans cet espace numérique qui nous a littéralement été volé par des entités qui ne pensent qu'à s'enrichir en détruisant la planète, tout lien social, dans l'espoir qu'ils seront les seuls à survivre quand les effets de leur perfidie commenceront à être irréversible.
Cela peut paraître bien ridicule, bien trop petit et complètement inutile. Je suis bien d'accord avec vous. Mais je distinguerais l'utilité d'un acte en fonction de son échelle. C'est sûr que je me sens bien con de revendiquer cette forme de résistance au prisme de l'état actuel des sociétés humaines et de notre planète commune. Mais je trouve pourtant un sens à cette résistance à l'échelle de la collectivité, des proches, à une échelle plus intime. Après tout, je considère que l'on doit reprendre le contrôle sur nos vies, que l'on a complètement laissé échappé. On a laissé le numérique s'en emparer, et loin de moi l'idée de dire qu'il est nuisible, tant les itnentions initiales étaient remlis d'espérance de lien, de partage : de communauté.
Mais on peut plus se cacher derrière nos petits doigts de mauvaises foi et trouver des excuses quant au fait de se faire enfermer dans des systèmes propriétaires qui cherchent à s'approprier la moindre seconde de votre existence. Je parle des réseaux sociaux, mais aussi des flux d'informations et de l'industrie du divertissement. Et je ne parlerai pas maintenant de l'IA, qui devient un peu le boss final de cette aventure dystopique.
Alors si je peux ajouter ma pierre à l'édifice de cette mouvance d'alternatives et inspirer mes proches, ou des inconnus, à faire de même ( (ré)apprendre ce qu'est internet, maîtrisez, comprendre son matériel, partager ses idées, partager ses opinions, en tant que citoyen du monde…) et bien je le ferai.
Donc oui, faire ce blog est une manière de résister, de montrer que l'on peut donner de la voix, tout en revendiquant de le faire à travers un geste qui nous est propre, pas imposé par un template. C'est aussi, et surtout, une manière de résister à la stupéfaction et la sidération, les parents aimant de la passivité.
Mais en second point, je dirais que c'est aussi une manière de résoudre une tension qui est présent en moi depuis bien plus d'une décennie de pratiques artistiques : trouver ses voies, son tempo, créer en aspiration avec ses idéaux et, surtout, enfin laisser place à l'expérimentation, à l'exploration, hors des sentiers battus imposés par l'Industrie avec un grand.
D'où cette volonté pseudonyme, qui me permet de me soucier moindrement de ce manque de confiance, d'où ces propositions formelles que je prévois (loin d'être révolutionnaire et originales attention), d'où cette publication qui n'a aucun plan défini.
J'ai mariné pendant une trinité d'années avant de trouver le bon format, j'en ai fantasmé certain, testé d'autres, et ajoutez à ça une bonne dose de procrastination, de peur de l'échec, et on peut penser qu'une montagne accouche d'une souris actuellement. C'est peut-être le cas d'ailleurs. Peut-être que je vais abandonner ce blog dans deux mois, peut-être que je vais, encore, lui faire changer de forme. Pourtant j'espère qu cette fois ci ce sera différent. Parce que je souhaite assumer mes errements, mon manque de confiance en moi.
Après tout, cela fait des années que j'essaie de me débarasser de ces défaults. C'est donc un peu naturellement que je me suis dis que je pouvais changer mon fusil d'épaule et les considérer comme des forces, comme une manière de faire différente. Et pour ça, je veux documenter mes réflexions futiles, mes errements et mes expérimentations, car si je suis sûr d'une chose, c'est que j'apprends énormément, je ne me lasse même jamais d'en savoir un peu plus chaque jour, sur le monde et sur moi-même. Alors cette partie de moi qui veut se sentir utile se demande si ce ne serait pas intéressant de partager tout ça. Mais loin de ces hyper-réseaux qui, au final, nous pousse à dire et faire les mêmes choses, et finissent par isoler celleux qui ne veulent pas rentrer dans leur moule.
 
J'ai oublié de dire aussi que cela va faire deux petites années que je suis des blogs et que je trouve en eux quelque chose que j'avais perdu, qu'Internet a mis au rebus : le goût d'une lecture développée où se trouve un point de vue personnel. Car on aura beau dire, les publications dans les hyper-réseaux ne permettent absolument pas ce genre de contenu, ne serait-ce qu'à cause des centaines de stimulations qu'il y a avant, après et autour le texte de quelqu'un, qui en plus n'a rarement la même profondeur que celui d'un billet de blog, aussi commun soit-il. Comptez sur moi donc pour faire un petit florilège des blogs que je suis assidument (ou  pas mais que je trouve intéressant), je ferais aussi une mention à Neocities ! Oulalala mais que d'idées ! Je crois qu'on appelle ça un blogroll dans le jargon d'ailleurs.